psychonet
La France, pays des fromages et des bavures ?

Pourquoi les bavures policières sont-elles plus nombreuses en France qu'en Allemagne ou en Grande-Bretagne ?
La bavure, un méchant mot franchouillard, à l'image de cette comédie bien de chez nous, " Inspecteur La Bavure "...

Ne surtout pas en faire un drame, justement : face aux bavures, c'est ainsi que réagissent trop souvent les hiérarchies de la police et de la justice, en sanctionnant légèrement, voire pas du tout, les coupables. Comme si un policier ne pouvait jamais être vraiment coupable. Le coupable, l'enfer, ce sont toujours les autres...

En France plus qu'ailleurs, la police refuse de regarder en face cette part sombre d'elle-même, du non-dit aux actes manqués.

Douce France ? Mais aussi le seul pays d'Europe, pendant la guerre, où les Nazis, fort étonnés, ont trouvé une police toute prête à arrêter à sa place les Juifs d'origine étrangère, les " métèques " d'alors. En octobre 1961, une immense " bavure ", couverte par le préfet de police Maurice Papon, se solde, dans un silence assourdissant, par le meurtre de dizaines d'Algériens jetés dans la Seine. L'Etat vient tout juste de reconnaître les faits. Autre " privilège ", partagé en Europe avec la seule Turquie : en 1999, la France a été reconnue coupable de torture par la Cour européenne des droits de l'homme, suite à la plainte d'un dealer, passé à tabac et presque à trépas dans un commissariat. Bavures qui font écho à d'autres bavures microscopiques, invisibles, se déroulant chaque jour dans les guichets de nombreuses préfectures, et dont plusieurs enquêtes de presse témoignent : mieux vaut être blanc de peau, blanc comme l'innocence, pour vivre en bonne harmonie avec l'administration.

Bavure, ou bave et rature, ce rictus de haine ou de mépris envers cet Autre qui n'est pas blanc comme neige et que certains aimeraient raturer, effacer de la carte...

Un policier qui décharge son arme et sa pulsion de mort est conditionné, consciemment ou non, par tout un passé. Et par un présent parfois infernal. Etre envoyé en première ligne sur le front de la fracture sociale, de l'autre côté de la frontière, chez des exclus dont certains n'attendent plus rien de personne et voient dans le premier galonné venu le représentant d'un ordre honni, c'est mettre le pied là où personne ne veut plus aller. Dans ce même quartier de Lille, le 24 mars, un policier avait été roué de coups par un groupe de jeunes. Haine contre haine, comme si tout le reste était mort.

Le policier n'est-il pas alors lui-même réduit à vivre lui aussi aux marges, exclu affrontant un autre exclu ?

La société a du mal à intégrer psychiquement ses policiers, chargés des crimes et délits, du " sale ", de la merde, du sang, de tout ce qui suinte et pourrit. Dans certains milieux, le flic est par principe suspecté, méprisé, comme l'immigré ou le jeune des banlieues dans d'autres. Comme si le corps de la société elle-même ne parvenait pas à intégrer ses différents membres. Comme si elle avait honte d'avoir besoin d'une police. Honte de sortir de l'utopie et d'affronter la violence de la vraie vie, des pulsions. Si la police doit sanctionner ses moutons noirs et regarder en face sa part d'ombre, la société, elle, devrait peut-être regarder en face sa police, sans honte, et en faire un vrai sujet de débat.

A lire également :

Le top 3 des fantasmes féminins

Plus romantiques que les hommes, le plus grand fantasme des femmes pourra surprendre plus d'un partenaire...

Le cauchemar, une soupape de sécurité

Pulsions d'agressivité, angoisses de dévoration s'expriment à travers les cauchemars de l'enfant sous les figures "honorables" du fantôme et de la méchante sor [...]

L'épilation définitive

Petit à petit, de rasages en crèmes dépilatoires, de cires en épilateurs électriques, vos poils sont devenus vos plus grands ennemis. Vous en avez assez d'êtr [...]