Moeurs et coutumes de la population Vietnamienne
Le Viêt-nam possède une culture basée sur la civilisation agricole. La vie des vietnamiens est étroitement liée à leur hameau, à leur village, à leur pays natal. Ces hameaux et villages sont appelés différemment dans la langue de chaque ethnie. Comme par exemple ke cha en langue vietnamienne, chieng en langue tay-thai, ban en langue muong, buon play dans la langue de certaines ethnies des Hauts Plateaux du Centre.
Le caractère ordonné dans la société vietnamienne consiste en ce que la population se regroupe en villages et communes dans les régions rurales et en quartiers et corporations dans les agglomérations urbaines.
Les villages et corporations ont vu le jour dès l'aube de la nation. Peu à peu, ces organisations se sont stabilisées et renforcées. Sur la base du consentement et du consensus, les villageois établirent leur loi appelée Convention du village. Les artisans de même corps de métier regroupés par hameaux ou par rues est appelée Convention de la corporation.
L'esprit prédominant des Conventions du village et de la Convention de la corporation est la base des bonnes moeurs de chaque groupement d'habitations, elles s'inscrivent concrètement et de façon vivante dans le cadre de la loi nationale.
Au Musée Han-Nom à Hanoi et dans d'autres localités, sont préservés des dizaines de milliers de textes de telles conventions.
Religion
Dans la vie spirituelle des Vietnamiens existe une croyance populaire commune, revêtant des formes diversifiées, le Dao Mau, qui coexiste avec les principales religions et sectes représentées (bouddhisme, caodaïsme et sectes néo-bouddhistes, mais aussi catholicisme, protestantisme et islamisme).
La croyance populaire (Dao Mau)
Ils ont pour coutume d'avoir le culte des ancêtres, du génie protecteur du village Thanh Hoang, de Bouddha, des esprits, des héros ayant rendu service au pays et au peuple. Mau ou Me, la Sainte Mère (que l'on pourrait rapprocher de la vierge Marie des chrétiens catholiques) est tout particulièrement priée. Le culte de Mau prend son origine dans celui des divinités de l'époque antique, des déesses de la montagne, de la forêt, de l'eau. Par la suite, Mau est vénérée dans les temples où elle occupe la place la plus honorable.
Le culte de Mau est originaire du Nord. Répandu au Sud, il est mêlé à celui d'autres déesses locales : Thien YA Na (Hue), Linh Son (Tay Ninh>. En réalité, au culte de Mau se joignent d'autres formes religieuses.
Les habitants du Viêt-nam constituent un peuple qui a su recevoir, adapter, digérer, intégrer ce qu'il y a de meilleur dans la diversité des grandes philosophies. C'est un mélange de diverses religions, de confrontation de spiritualités, de mode de vie occidental et extrême-oriental.
La croyance la plus importante des Vietnamiens est le culte des ancêtres qui est célébré de façon solennelle et respectueuse. Ce culte est unanimement respecté lors de la fête du Têt (Nouvel An lunaire). Les habitants prient avec reconnaissance les héros qui ont rendu service au peuple, au pays, à de ceux qui ont inventé des métiers, et plus généralement envers le Ciel, la Terre, la Nature.
Le culte des ancêtres est la plus vieille pratique religieuse du Viêt-nam, antérieure au bouddhisme et au confucianisme. L'idée fondamentale de la coutume est: "Quand on boit de l'eau, on pense à la source". Nul besoin de sortir de chez soi ou de se rendre à la pagode pour y prier ses ascendants. L'autel des ancêtres, fait d'un meuble finement décoré ou d'une modeste table de bois blanc, occupe une place particulièrement importante dans la maison vietnamienne. Sur l'autel sont disposés les noms et les photos des défunts accompagnées de fruits, de fleurs et de bâtonnets d'encens. Détail significatif: les photos des autels sont dans la plupart des
cas des portraits saisis dans leur jeunesse, apportant d'eux une image bien vivante, non ternie par les années.
Trait d'union entre les générations, protection de la lignée, demande de réussite dans les affaires ou à un examen, guérison d'un malade, mariage, l'autel des ancêtres est le coeur du foyer.
Les générations ultérieures sont reconnaissantes envers les générations précédentes. La perpétuation du culte par les enfants, traditionnellement entretenu par les garçons ou, en cas de descendance uniquement féminine, par les femmes, est primordiale car sans continuité du culte les âmes des morts sont condamnées à une errance éternelle.
A la fin de l'année, les maisonnées font la visite des tombes, les réparent Si besoin est, et invitent les âmes de leurs défunts à revenir partager le Printemps. Par ailleurs, lorsque vient le jour où une personne est décédée, sa famille prépare des repas, allume la lampe et brûle des baguettes d'encens pour lui faire des offrandes et célébrer l'anniversaire de sa mort.
Le troisième jour du troisième mois lunaire, au moment où herbes et plantes retrouvent leur verdure, le temps est doux, les gens vont visiter les tombes de leurs morts et se régaler des beaux paysages du printemps. C'est la fête des morts (Thanh Minh).
En outre, chaque ethnie de la communauté vietnamienne, chaque localité a sa propre coutume du culte.
Les fêtes traditionnelles
Pour les vietnamiens, les fêtes traditionnelles sont aussi une coutume importante, un aspect culturel indispensable. Elles constituent un immense trésor historique, manifestant les us et coutumes et la culture folklorique. Il y a des centaines de fêtes annuelles, chacune ayant sa propre caractéristique : fête des gongs, combat de buffles, concours d'éléphants, fête des airs populaires quan ho, lutte, fêtes à la mémoire des héros nationaux. En outre, il y a des jours fériés communs à tout le pays.
Le Têt (Têt Nguyen ean), le Nouvel An lunaire, est le moment des réunions de famille, d'offrande d'encens et de mets sur l'autel des ancêtres. Les gens rendent visite à leurs proches et amis, se souhaitant bonne santé et bonheur. Le Têt est aussi l'occasion de goûter des mets traditionnels en particulier le banh chung qui ne peut être absent lors de cette fête.
Le I 5è jour de la 7è lune est la fête des âmes errantes. On relâche des oiseaux dans le ciel, des poissons dans la rivière en signe de bienfaisance et on fait des offrandes de nourriture et des cadeaux pour la paix des âmes errantes des morts oubliés.
Le i 5è jour de la 8è lune est la fête de la mi-automne, la fête de l'enfant. Cette fête se célèbre avec beaucoup de jeux et de gâteaux à l'intention des enfants et de leur famille pour regarder la lune.
Dans l'ensemble, la culture vietnamienne est profondément ancrée dans les racines de chaque village et de chaque corporation comme en atteste l'importance accordée à la célébration de l'anniversaire de la mort des ancêtres, au Têt et à d'autres fêtes. La persistance dans toutes les couches sociales de valeurs essentielles comme le respect pour les personnes âgées et une grande affection pour les enfants est
d'autre part significative d'une certaine conception des liens sociaux et familiaux commune à l'ensemble de la population.
Nous nous trouvons face à une civilisation encore préservée et qui imprègne l'inconscient collectif: l'identité culturelle du Viêt-nam.
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