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Ils auraient pu être psys : "Batman", ancien réalisateur de film porno

Trois portraits, trois parcours : une voyante, un prêtre et un ancien réalisateur de film porno font part de leur connaissance de l'âme humaine. Nom de code : Batman. Nom de scène : "Big dick". Rien de très romantique a priori, pourtant Batman connait bien la nature humaine...
Batman n'a pas encore tout vu

A 36 ans, l'ancien réalisateur d'un film X primé il y a quelques années aux Hots d'Or (les Césars du porno), est aujourd'hui vendeur dans le plus grand sex-shop de Paris. Professionnel du sexe depuis 18 ans, Batman en a beaucoup vu... et ses clients l'étonnent encore !
"Il y a cinq minutes à peine, un homme cherchait une ceinture de chasteté à double fermeture pour... sa propre personne. Il partait deux mois à l'étranger et devait se "cadenasser" avant le départ - une condition sine qua non posée par sa partenaire !". A force de côtoyer le milieu, Batman porte un regard critique sur sa clientèle et pourrait revendiquer le titre de sexothérapeute.

Un certain pouls de la société

Dans la limite du possible, Batman tente de satisfaire les demandes de sa clientèle et d'être à son écoute sans jamais porter de jugement : "Parfois, nous jouons un rôle apaisant auprès de personnes honteuses et stressées à l'idée d'acheter un objet dans un sex-shop. En dédramatisant et en jouant le naturel, on parvient facilement à les mettre à l'aise". Et pourtant. Même si Batman se dit quasi blasé, certains comportements le surprennent encore : "Des pratiques légèrement "bordeline" apparaissent tous les ans. En ce moment, c'est l'urolagnie, la scatophilie, le fist-fucking ou la zoophilie. Une toute dernière mode nous arrive du Japon : les femmes amputées. J'ai beau être habitué, c'est clair que certaines de ces pratiques reflètent un léger malaise de la société", analyse le tenancier pour qui sociologues, sexologues, psys ou tout autre observateur du genre humain devrait un jour traîner ses guêtres du côté des sex-shops pour observer les us et coutumes sexuelles de nos contemporains.

"Les femmes se lâchent !"

"Ces tendances demeurent somme toute relativement marginales", tempère tout de même le vendeur pour qui la clientèle type reste le touriste et le parisien quinquagénaire en quête de sensations fortes. Malgré tout, il remarque du changement : "Les sex-shops sont de moins en moins tabous, toutes sortes de gens franchissent aujourd'hui le rideau rouge : simples curieux, couples "libertins", hommes avisés à la recherche de tel produit ou telle cassette spécialisée, femmes seules ou en groupes", conclue le vendeur réjouit par l'arrivée de cette nouvelle clientèle : "C'est plutôt bon signe : les femmes se lâchent !". En fait, ce sont plutôt les hommes qui inquiètent Batman : "Ils viennent de plus en plus jeunes (ndlr : officiellement, dès l'âge de 18 ans) nous demander des aphrodisiaques, des retardants, ou des excitants. Ces gamins se mettent une pression hallucinante sur le dos, ils ont peur de ne pas bander, de ne pas être à la hauteur. C'est bien la preuve que le culte de la performance n'a jamais été aussi important - et c'est assez inquiétant". Perspicace le Batman...

"Le "syndrome" du godemichet"

Autre produit au hit-parade des ventes et autre symptôme. Le "syndrome du godemichet" est selon Batman assez révélateur d'un besoin très masculin : "Le gode est l'objet le mieux vendu ici. De fait, le rayon est énorme, le choix très vaste : des blacks, des doubles, des piquants, des souples, des (très) longs (30 cm), des (très) larges (8 cm), etc. Le plus souvent, l'homme vient seul choisir ce petit cadeau pour sa femme. On lui suggère alors de choisir un gode proportionnel à la taille de son pénis". A l'entendre, certains se surestiment tellement que plusieurs femmes sont déjà revenues au magasin échanger ce curieux présent. Et Rambo de conclure : "Là dessus, les femmes sont bien plus objectives !"

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