Les troubles obsessionnels compulsifs
"C'est comme un deuxième petit cerveau qui prend la place de l'autre, c'est comme une religion qui me ronge de l'intérieur...". Aujourd'hui, Héloïse réussit enfin à prendre du recul. Après avoir longtemps dissimulé ce qu'elle appelle encore ses "choses honteuses", sa vie commence tout juste à être un peu plus simple. Presque finis les rituels qu'elle accomplissait de peur qu'il n'arrive malheur à sa famille: "je me sentais toujours investie d'une responsabilité dans le destin de mon entourage, explique-t-elle. Cela me conduisait à faire toutes sortes de prières le soir avant de me coucher, toujours dans le même ordre, pour les protéger. Aujourd'hui, je parviens à être plus souple avec moi". Comme près d'un million de Français, Héloïse souffre, en effet, de troubles obsessionnels compulsifs. "Troubles obsessionnels" car il s'agit d'idées récurrentes s'imposant à l'esprit de l'individu et qu'il n'arrive pas à chasser, même si il reconnaît leur absurdité. "Compulsifs" car les pensées obsessionnelles appellent le rituel et que le besoin irrépressible d'accomplir des gestes répétitifs pour chasser l'angoisse se nomme "compulsion".
Affronter les symptômes dans la réalité
Face à ces troubles, l'approche thérapeutique consiste le plus souvent en une combinaison de traitement antidépresseur et de thérapies dites "comportementales". "Ces thérapies partent de l'observation qu'il est indispensable d'affronter les symptômes dans la réalité et qu'il ne suffit pas de -les évoquer pour parvenir à les dépasser", explique le professeur François Ferrero. Ainsi, le thérapeute de Célia, jeune femme obsédée par la contamination, lui demande-t-il de se confronter à la situation la plus angoissante pour elle: lui serrer la main après qu'il l'ai frotté contre la semelle de sa chaussure, puis se la passer dans les cheveux. Une expérience toujours très difficile à surmonter: "Pour l'instant, je finis toujours l'exercice en pleurs, explique Célia. En parallèle, la jeune femme prend aussi des antidépresseurs: "avec le traitement, mes rituels ont diminué depuis six mois et j'espère bientôt retrouver une vie normale", conclut-elle. Reste qu'après avoir constaté les bienfaits des antidépresseurs et des thérapies cognitivo-comportementale, la recherche a cependant une nouvelle tâche à remplir: déceler la part biologique de ces troubles grâce à l'imagerie cérébrale.
Pour en savoir plus...
- A.F.T.O.C (Association Française de personnes souffrant de TOC)
14610 Villons-Les-Buissons
Tél. : 02 31 44 03 81
- Dossier de caducee.net sur les TOC : Dossier très complet, avec de nombreux liens vers des sites spécialisés.
- www.toccom.net/ : Un site communautaire pour les personnes atteintes de TOC.
- Je ne peux m'arrêter de laver, vérifier, compter, Alain Sauteraud, éd.Odile Jacob
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