Par où commencer ?
Chaque psychanalyste, chaque psychothérapeute possède sa propre recette pour engager le premier entretien. Ainsi, certains psys prennent des notes et gardent le silence : cela peut profondément déstabiliser la personne qui consulte mais également l'aider. En se taisant, le psy souhaite simplement ne pas "influencer" l'entretien et adopte déjà une position d'écoute, laissant le patient trouver ses propres mots, à son rythme, avec ses hésitations. La plupart du temps quand même, le thérapeute commence l'entretien par une série de questions d'ordre général. Cela amène la personne à aborder les raisons, même confuses, qui l'ont conduite à prendre rendez-vous. Evidemment, il n'est pas toujours facile de confier son mal-être à un inconnu. Mais n'oubliez pas que le psy se doute que vous êtes venu(e) le voir parce que vous n'alliez pas très bien...
Chacun se livre à son rythme
"Le premier entretien est fondateur car la personne apporte avec elle sa souffrance, confirme ainsi Martine Sandor Buthaud, psychanalyste à Paris. Sa rencontre avec un thérapeute va radicalement modifier quelque chose pour elle. A la différence d'un(e) ami(e) ou d'un proche, c'est en effet la première fois qu'elle rencontre quelqu'un qui ne lui apporte pas de conseil, mais l'invite à parler en son nom propre. Grâce à cette nouvelle notion d'aide, les gens ressortent transformés, même si certains pensent ne pas être contents, parce qu'il n'a déjà pas été facile de téléphoner et que l'aide ne paraît pas venir".
Pascal, quarante ans, témoigne ainsi de l'importance de sa première séance d'analyse : "A ce premier rendez-vous, j'étais mort de peur. Cela faisait un an que je projetais très sérieusement de commencer une thérapie. Ce jour-là , je crois avoir parlé autant qu'en plusieurs semaines par la suite, notamment de quelque chose de très intime qui me torturait depuis plusieurs années. Je n'en avais jamais rien dit, ni à ma femme, ni à mes amis. J'ai donc tout balancé et cette première rencontre a fondé tout le reste de mon analyse".
A noter toutefois : le déclic, l'envie de se raconter peut ne se produire qu'à la troisième ou la quatrième séance car chacun se livre à son rythme. Lors de la séance initiale, inutile donc de vous culpabiliser si vous hésitez. De toute façon, cette rencontre vous permettra aussi de vous poser calmement la question du choix de votre thérapeute.
En savoir plus...
- Au seuil de l'inconscient. Le premier entretien, Eva-Marie Golder, éd. Rivages
- Le Premier entretien en psychothérapie, Edmond Gilliéron, éd. Dunod
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