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Les effets thérapeutiques du Tai Chi dans le processus de santé des personnes séropositives

Le site anglais Psychnet-uk.com a mis en ligne il y a quelques temps un article présentant une recherche sur les effets de la pratique du tai chi sur des personnes atteintes du VIH.Nous vous proposons ici quelques éléments de réflexions issus de cet article...
Pour commencer, situons la recherche en retranscrivant son résumé:"Le but de cette étude qualitative à été l'investigation, dans une optique transpersonnelle, de l'effet du Tai chi sur les participants et plus précisément sur leur perception de leur propre santé et leur bien-être, tout en ayant comme référence leur état de santé avant l'annonce du diagnostic du SIDA...11 personnes HIV positives ont participé à l'étude. Ils ont fréquenté des cours hebdomadaires sur une période de 8 mois. Les participants s'étaient portés volontaires et ils menaient en parallèle d'autres thérapies holistiques. La méthodologie comprend des entretiens individuels, un questionnaire et un groupe "focus". Au niveau des résultats, les effets bénéfiques du Tai chi sont le calme et l'enracinement.

Il aide à se recentrer et donne de l'énergie tout en étant une activité agréable pour les malades qui la pratiquent. De plus, les résultats indiquent d'autres bénéfices liés à l'apprentissage du Tai chi, comme la patience, l'acceptation de la réalité et une augmentation d'une conscience physique, émotionnelle, mentale et spirituelle. Cependant, du fait du traitement médicamenteux que suivaient les patients, les auteurs ne peuvent pas tirer des conclusions sur l'effet du Tai chi sur les symptômes physiques..."
Cette étude s'inscrit donc dans le champs de la recherche en psycho-neuro-immunologie, autrement dit, de l'influence du mental et de la suggestion sur l'état de santé et le sentiment de bien-être des patients.Deux points particulièrement intéressants sont à présenter ici: le premier concerne la psychologie des patients HIV de cette étude.

Les auteurs montrent en effet que chacune de ces personnes avait développé au cours des années précédent le diagnostic une sorte de "faux self" avec dépendance de l'avis d'autrui, hyperadaptation et masque social. Ils présentaient également un style de vie sous l'emprise du stress ainsi qu'un certain goût pour les comportements à risque.Le diagnostic posé a alors fait l'effet d'une bombe. Ce rappel à l'ordre les a confronté à des questions existentielles, fondamentales. Le face à face avec leurs besoins fondamentaux et leur personnalité propre a été incontournable (cf ici les travaux de E.Kubler Ross sur cette question...)Face à cela, beaucoup d'entre eux se sont mis à explorer les thérapies holistiques, les méthodes douces et la spiritualité.

Dans ce cadre, la pratique du Tai chi proposée par les chercheurs s'est inscrite pour eux dans le champs plus large d'une quête de sens et de mieux être, avec la mise en place, de fait, d'un processus d'individuation au sens jungien du terme. L'échéance annoncée a ravivé de façon nette le désir de découverte de soi et de quête d'une certaine unité... On comprend ainsi en quoi le Tai chi (ou d'autres méthodes comme le yoga par exemple) présente un intérêt tout particulier (comparé aux psychothérapies "classiques") dans ce type de démarche personnelle et souvent "spirituelle", compte tenu de la philosophie importante sous jacente à cette discipline...- un deuxième point concerne le procédé utilisé par les chercheurs pour mesurer les effets de la pratique du tai chi.Outre les questionnaires, les focus groupes et les entretiens, cette équipe anglaise a tenté (avec succès apparemment) de mesurer les effets des séances de tai chi en "photographiant" les champs energétiques des patients. Expliquons nous: il s'agit de la technique GDV, développée par le biophysicien russe Korotkov. "Ce système utilise la technologie de l'optique et un système d'électrodes reliées à un ordinateur afin de créer un champs électrique de haute intensité autour du patient."Les chercheurs ont alors noté des modifications au niveau de l'image de ces champs éléctriques avant et après les séances de tai chi...

Pourquoi avoir choisi cet article et parler de tout cela me direz-vous!Deux raisons à ce choix: tout d'abord, l'originalité (très anglo saxonne!) de combiner des traitements dits classiques avec des médecines douces, aux philosophies sous jacentes riches.A l'heure où les mentalités s'ouvrent, où l'innovation semble poindre à l'horizon, comment ne pas souligner des expériences comme celle-ci?

Pourquoi garder indéfiniment ce clivage entre médecine traditionnelle et médecines dites douces? Il n'y a qu'à regarder les tendances de la société (qui a de plus en plus recourt aux pratiques telles le yoga, le tai chi et autres arts-martiaux par exemple) pour réaliser à quel point nous aurions tout intérêt à aborder véritablement ces champs d'études, en gardant une approche psychologique puisque telle est notre profession...Ceci m'amène à la deuxième raison de ce choix: la pluridisciplinarité.Pour ma part, je crois fondamentalement en la rencontre des forces et connaissances de chaque discipline. Pourquoi prétendre que l'une ou l'autre est définitivement la meilleure? Cette expérience montre bien à quel point l'alliance entre traitement médicamenteux et suivi médical d'une part, et accompagnement thérapeutique et holistique d'autres part contribue au bien être du patient...Alors, n'oublions pas ces perspectives, et saluons la diversité!

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