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Si trouille il y a, c'est Halloween !

Comment exorciser ses peurs de façon ludique? En fêtant Halloween ! Cette coutume américaine d'inspiration gauloise nous offre une belle occasion d'expliquer l'identification projective, concept de base en psychologie.
Un peu d'histoire...

Il y a 2 500 ans, dans un petit village gaulois existait une fête traditionnelle : Samain.
Considérant que l'année se renouvelait tous les 31 octobre, ces chers ancêtres se réunissaient, le jour dit, au centre du village après avoir pris soin d'éteindre le feu dans l'âtre de chaque maisonnée.
Commençait alors la cérémonie des druides: pour écarter le dieu de la mort et les esprits diaboliques, ces derniers allumaient un grand feu puis chacun venait y prendre les braises qui lui servirait à rallumer son feu pour l'année à venir...

L'identification à l'agresseur

En passant par l'Irlande puis en devenant un grand rendez-vous du folklore américain le 31 octobre, Samain s'est progressivement transformé en Halloween, une fête axée sur la mise en scène de la peur : visages horrifiants, têtes de morts, ou sorcières deviennent pour un jour les objets fétiches des uns et des autres. Comme si, honorant et mettant en scène les démons, on conjurait la peur qu'ils ne s'en prennent à nous... pour de vrai ! Se met alors en oeuvre ce que l'on appelle en psychologie "l'identification à l'agresseur" : pour éviter la souffrance ou tout sentiment désagréable dû à la présence d'un élément angoissant, on devient agresseur. Du coup, on maîtrise mieux l'objet de son angoisse et, logiquement, celle-ci effraie moins... Au moment d'Halloween, pour détourner l'angoisse de la mort soulevée à l'occasion de la fête de la Toussaint, les personnes se l'approprient en en prenant l'apparence, en lui donnant un visage palpable : un masque de vampire, un maquillage de mort-vivant, un déguisement de pendu...

Les enfants et Halloween

Si elle permet donc aux adultes d'exorciser leur peur de la mort, la fête d'Halloween peut se révéler aussi très importante pour les enfants. Pourquoi donc les chérubins manifestent-ils, eux aussi, un tel engouement pour les masques de monstres, les araignées en plastiques et les dentiers de vampires?
Parce qu'en flirtant avec les objets de leurs peurs (sorciers, monstres, douleurs...) et en jouant au "méchants", les enfants se familiarisent avec leurs sources d'angoisses, et, en quelque sorte, se l'apprivoisent. De la même façon que les adultes. Moins "fantasmé" puisque matérialisé, moins effrayant puisque mis en dérision, le monstre perd de son importance... Seule différence avec les "grandes personnes" ? En règle générale, l'enfant ne se limite pas au seul jour d'Halloween pour utiliser dans le jeu ce mécanisme de défense propice à la décharge de l'angoisse... Peut-être faudrait-il que les adultes jouent plus souvent à se faire peur pour être moins frileux !

En savoir plus...

A lire :

Enfants :
- Treize contes et récits d'Halloween, Françoise Rachmuhl, éd. Flammarion : Un recueil qui vous dira tout sur Halloween, son cortège de chauves-souris et autres momies.
- Dis moi, qu'est ce que c'est Halloween ?, Christel Desmoinaux, éd. Hachette : Marceline, la petite sorcière apprend, grâce à sa mamie, les origines de la légende d'Halloween et surtout des conseils pratiques pour se déguiser ou confectionner de délicieuses tartes au potiron...

Adultes :
- Dis, un jour, moi aussi je mourrirai ?, Jacques Arènes, éd. Fleurus : Faut-il parler de la mort avec son enfants ? Avec quels mots et dans quelles conditions ? Des conseils précieux d'un psychologue à l'attention des parents.
- Moi, la nuit, je fais jamais dodo..., Lyliane Nemet-Pier, éd. Fleurus : Votre enfant fait des cauchemars ? Craint particulièrement le noir ? Trouvez dans ce petit livre écrit par une psychologue-psychanalyste une mine de conseils pratiques !

A écouter :
- Halloween Kids (Sony music - 1999) : Un album de musiques avec des textes horriblement croustillants et délicieusement morbides pour tous les petits monstres...

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