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Dépression, nouvelles du front

Pour éviter la dépression, il suffirait d'être riche, actif, sain de corps, heureux en amour et bien entouré : ça vous aurait étonné ?
Dépression : simple comme bonjour !

A voir les résultats d'une étude publiée par l'Inserm sur les aspects socio-économiques de la dépression, on se dit que ce phénomène psychologique à priori mystérieux et complexe repose en réalité sur des bases d'une simplicité enfantine. Figurez vous que les gens riches, actifs, en bonne santé, heureux en amour et bien entourés comptent très rarement parmi les 4,7% de dépressifs recensés en France. À eux les joies de la déprime passagère, du petit passage à vide et du léger coup de cafard. En revanche, si vous êtes veuf, divorcé ou tout simplement seul, si de plus vous êtes au chômage ou inactif pour raisons de santé et si pour compléter le tableau vous disposez de faibles revenus, sachez que vous êtes heureux d'avoir jusqu'ici échappé à la dépression, la noire, celle qui fait vraiment mal. Comment ne pas nous en être doutés plus tôt ? Et au-delà des considérations de statut personnel, la courbe de progression de cette triste maladie, en constante augmentation depuis de nombreuses années, semble étroitement liée à la morosité croissante du contexte économique et social. Une autre information qui nous frappe d'étonnement ! Aujourd'hui, en moyenne, un homme sur dix sera touché par la dépression au cours de sa vie et une femme sur cinq.

Des dépressifs méritants

À ceux qui auraient tendance à confondre dépression et coup de blues, l'étude de l'Inserm a entre autres mérites celui de rappeler que dépression signifie une moyenne de 7 maladies somatiques par personne atteinte (contre 3 chez les non dépressifs), l'usage régulier de médicaments psychotropes et sédatifs dans 75% des cas, le vieillissement prématuré, et, en prime le plaisir de la fréquentation assidue du corps médical, bien que les dépressifs semblent désormais préférer les soins dits "ambulatoires" à l'hospitalisation, un signe encourageant dans la mesure où cela indiquerait une prise en charge accrue par le patient de sa propre pathologie.

Restez riche, beau et bien portant

Tout cela ne faisant guère envie, les personnes avisées qui souhaitent ne pas en arriver là auront soin non seulement de travailler, de s'enrichir, d'aimer, d'être aimé et de veiller à leur santé physique mais elles éviteront également d'habiter l'agglomération parisienne (très mauvais ça !) et d'avoir un statut d'employé car il s'agit d'un facteur de prévalence important !

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