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Toto au cabinet... du psy

"Y a pas de mal à se faire du bien". C'est ce qu'a déclaré - en substance - le très sérieux Dr Ed Dunkelblau, psychologue clinicien et néanmoins adepte de la rigolade, à ses collègues réunis à Skokie (USA) pour un séminaire de formation sur les vertus thérapeutiques de l'humour.
Un type sérieux

C'est sûr, quand on va chez le psy, c'est qu'on n'a plus vraiment le coeur à rire. Alors pourquoi s'enfoncer davantage dans la morosité ? Le truc d'Ed Dunkelblau, thérapeute et ex-président de l'American Association for Therapeutic Humor, c'est de faire rigoler le client. Mais attention, pas n'importe comment. Ed Dunkelblau n'est pas un guignol. Il ne fait pas dans le one-man show pendant que le patient attend de pouvoir en placer une. Il ne fait pas non plus dans la blague à deux balles sans rapport avec le schmilblick (style "Eh, tu la connais celle-là, c'est une blonde qui veut s'acheter un téléphone portable, alors le vendeur il lui fait "SFR ?", Alors elle, elle répond "Nan, mais elle va apprendre"... Elle est bonne, hein, elle est bonne ?) Non. Ed Dunkelblau prend les souffrances de ses clients au sérieux, c'est justement pour ça qu'il les invite à en rire.

Entre soi et soi : le rire

Car l'humour, explique-t-il, est un outil thérapeutique puissant. Rien de tel qu'une remarque drôle pour ramener le sourire sur un visage contrit.
Mais les bienfaits de l'humour ne se limitent pas à instiller des émotions positives dans un vécu de souffrance. Une anecdote bien choisie par le thérapeute permet au patient de prendre de la distance par rapport à ses propos ou à ses attitudes. Un exemple : à une mère terriblement possessive, Ed Dunkelblau raconte l'histoire suivante. "C'est une mère qui pousse son fils dans un fauteuil roulant. Elle rencontre une voisine qui lui dit "Je ne savais pas que votre fils ne pouvait pas marcher". Et elle de répondre "Oh, mais si, il marche. Mais il n'a pas besoin de le faire puisque je peux le pousser"".

On se pardonne, on se bidonne...

Ed Dunkelblau ne se contente pas de raconter des blagues. Quand le besoin s'en fait sentir, il peut aller jusqu'à animer des petits nounours ou même prescrire un bon Woody Allen. Quand le patient parvient à user lui-même de l'autodérision, c'est bon signe. Signe qu'il a cessé de se voiler la face sur ses problèmes, qu'il peut les regarder avec les yeux de la tendresse plus qu'avec ceux de la sévérité, et qu'il préfère désormais en rire plutôt que d'en pleurer. Rire de soi, c'est commencer à se réconcilier avec soi-même.
Chers amis lecteurs, si votre psy donne dans l'humour, n'en concluez pas trop rapidement que c'est un rigolo. Mais s'il se tient les côtes en vous racontant celle du fou qui dit à l'autre "accroche-toi au pinceau, j'enlève l'échelle", passez-lui la camisole de force et partez en courant... Non mais sans rire !

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