Punching ball
Et bien, Outre-Atlantique, la réponse est non. Alors il faudrait se mettre d'accord parce qu'en France, le Dr Jean-Paul Austruy, psychothérapeute praticien en dynamique émotionnelle suggère, quand à lui, que les grands colériques aillent matraquer leurs coussins afin d'éviter de massacrer leurs copains. "Aller décharger son émotion à l'écart permet de retrouver son calme pour pouvoir, dans un deuxième temps, l'exprimer de manière plus constructive à celui qui en est la cause", explique-t-il. Et on serait portés à le croire si, dans le même temps, des chercheurs américains n'avaient pas prouvé le contraire en mettant 700 étudiants à contribution.
Le coupable était un canard...
Le fin fond de l'affaire, on s'en aperçoit en lisant le compte-rendu de leur recherche plus en détail, était moins de tester les vertus relaxantes de la plume d'oie que celles, plus perfide, de celle des journalistes. L'hypothèse de départ était la suivante : les gens pourraient bien être incités, sous l'influence des médias, à gérer leur colère selon ce qu'impliqueraient les articles, ces derniers n'étant pas toujours les meilleurs conseillers.
Démonstration de l'animal
Premier round : 360 étudiants sont invités, pour une moitié, à lire un article de presse vantant les mérites de la catharsis (en clair, du crochet du droit) et, pour l'autre moitié, à lire un article contre.
Deuxième round : la moitié de chacun des deux groupes est alors "mise en colère", on ne sait pas bien comment, peu importe (encore que...).
Au bout du compte ceux des étudiants persuadés par la presse qu'"un bon moyen de gérer sa colère était de la diriger contre un objet inanimé" sont plus nombreux à exprimer le besoin de trouver vite, vite, vite un punching ball que les autres.
Ce qui inspira aux chercheurs la question suivante : est-ce que ça défoule vraiment ?
C'est là qu'interviennent nos 700 gentils cobayes pour une deuxième expérience. Après avoir été copieusement insultés par des expérimentateurs invisibles on propose à la moitié d'entre eux d'aller se défouler sur un oreiller, après quoi ils sont tous invités à aller livrer un match sur ordinateur contre leur agresseur anonyme. Et là on s'aperçoit que les candidats boxeurs font preuve d'une plus grande agressivité envers leur partenaire de jeu que les autres. Le coup de l'oreiller, loin de calmer leur agressivité, l'aurait décuplée.
Moralité : il ne faut jamais croire les journalistes.
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