Haro sur le harcèlement moral
Pour la première fois, en décembre 2000, deux tribunaux avait considéré un suicide et une tentative de suicide comme des accidents du travail, résultant d'un harcèlement psychique. La Sécurité Sociale reconnaîssait l'insécurité morale. Depuis le 17 janvier 2002, le harcèlement moral a fait son entrée dans le code du travail et le code pénal.
Humilier l'autre, à l'école déjà, ou plutôt en entrant dans les "grandes écoles", c'est un rite de passage. La matrice du harcèlement, c'est le bizutage, ces petites barbaries entre amis, contre lesquelles se dressent nos ministres de l'Education Nationale, depuis quelques années seulement, à la suite d'excès.
Bizutage : "brimades amusantes", selon le Petit Robert
Enlevez "amusantes", vous avez la définition du harcèlement moral. A vingt ans, on s'amuse. A quarante, on déguste.
Le 28 février 2000, le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Epinal a considéré que la tentative de suicide d'une femme de ménage dans une école privée, résultait de la persécution morale de sa chef de service. La veille de la rentrée, cette dernière avait augmenté, une fois de plus, une fois de trop, la charge de travail de l'employée, qui s'est jetée par la fenêtre, et vit maintenant dans un fauteuil roulant. Deux jours plus tôt, la chambre sociale de la cour d'appel de Riom a jugé, elle aussi, que la pendaison, sur son lieu de travail, d'un employé de trente-quatre ans, n'était pas étrangère à une série de lettres d'avertissement injustifiées. Désormais, le harcèlement moral au travail est défini par un article du Code du travail qui interdit les "agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié, à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel" (article L122-49 du Code du travail).
Les mots peuvent détruire
Les enfants le savent bien. Faire pleurer l'autre, sans le frapper, en parvenant à l'humilier avec de simples mots qui blessent, peut provoquer une noire jubilation chez de chères têtes blondes contrôlant encore mal leurs pulsions d'agressivité, dépassés par leur propre haine... Les persécuteurs sont souvent des enfants qui ont mal grandi, inaptes à transmuer le plomb de la haine en or de la sublimation, dans les relations sociales, le travail et la créativité personnelle.Ils ne savent créer que de nouvelles figures quotidiennes de la violence perverse : "L'imagination est sans limites quand il s'agit de tuer chez l'autre la bonne image qu'il a de lui-même ; on masque ainsi ses propres faiblesses et on se met en position de supériorité", rappelle Marie-France Hirigoyen dans Le harcèlement moral.
Une défense facile
Les agresseurs se défendent toujours de la même manière, comme les accusés de viol : la victime se laissait faire, consentante... Ignoble argument, plus enraciné qu'on ne le croit, sous des formes variées. Après la guerre, des voix, pas isolées, allaient jusqu'à suggérer que les Juifs s'étaient laissé mener à l'abattoir comme des agneaux, et qu'ils n'avaient qu'à se défendre, après tout... Au procès d'Epinal, il a fallu quatre-vingts témoignages pour convaincre les juges que cette femme en fauteuil roulant était bien la victime de quelqu'un, et non pas du destin, voire d'elle-même. Il n'existe qu'une riposte, collective, solidaire, contre le harcèlement. Ses "auteurs" ne connaissent que le rapport de force. Le reste est littérature.
Bizutage : "brimades amusantes", selon le Petit Robert
Enlevez "amusantes", vous avez la définition du harcèlement moral. A vingt ans, on s'amuse. A quarante, on déguste.
Le 28 février 2000, le tribunal des affaires de sécurité sociale d'Epinal a considéré que la tentative de suicide d'une femme de ménage dans une école privée, résultait de la persécution morale de sa chef de service. La veille de la rentrée, cette dernière avait augmenté, une fois de plus, une fois de trop, la charge de travail de l'employée, qui s'est jetée par la fenêtre, et vit maintenant dans un fauteuil roulant. Deux jours plus tôt, la chambre sociale de la cour d'appel de Riom a jugé, elle aussi, que la pendaison, sur son lieu de travail, d'un employé de trente-quatre ans, n'était pas étrangère à une série de lettres d'avertissement injustifiées. Désormais, le harcèlement moral au travail est défini par un article du Code du travail qui interdit les "agissements répétés qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié, à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel" (article L122-49 du Code du travail).
Les mots peuvent détruire
Les enfants le savent bien. Faire pleurer l'autre, sans le frapper, en parvenant à l'humilier avec de simples mots qui blessent, peut provoquer une noire jubilation chez de chères têtes blondes contrôlant encore mal leurs pulsions d'agressivité, dépassés par leur propre haine... Les persécuteurs sont souvent des enfants qui ont mal grandi, inaptes à transmuer le plomb de la haine en or de la sublimation, dans les relations sociales, le travail et la créativité personnelle.Ils ne savent créer que de nouvelles figures quotidiennes de la violence perverse : "L'imagination est sans limites quand il s'agit de tuer chez l'autre la bonne image qu'il a de lui-même ; on masque ainsi ses propres faiblesses et on se met en position de supériorité", rappelle Marie-France Hirigoyen dans Le harcèlement moral.
Une défense facile
Les agresseurs se défendent toujours de la même manière, comme les accusés de viol : la victime se laissait faire, consentante... Ignoble argument, plus enraciné qu'on ne le croit, sous des formes variées. Après la guerre, des voix, pas isolées, allaient jusqu'à suggérer que les Juifs s'étaient laissé mener à l'abattoir comme des agneaux, et qu'ils n'avaient qu'à se défendre, après tout... Au procès d'Epinal, il a fallu quatre-vingts témoignages pour convaincre les juges que cette femme en fauteuil roulant était bien la victime de quelqu'un, et non pas du destin, voire d'elle-même. Il n'existe qu'une riposte, collective, solidaire, contre le harcèlement. Ses "auteurs" ne connaissent que le rapport de force. Le reste est littérature.
A quel personnage de fiction ressembles-tu ?
Question 1 / 10
Pour toi, le plus important dans la vie c'est :
A lire également :
Mettre le haro sur la cigarette
L’interdiction de fumer dans les bars, tabacs, restaurants, discothèques et casinos fête bientôt ses un an ! Pourtant, nombreux sont encore ceux qui se retiren [...]
Tic, toc, ou trac ? Les thérapies comportemen ...
D'une durée brève dans la plupart des cas, les thérapies comportementales ont pour objectif d'aider l'individu a dépasser une difficulté précise. Les meilleur [...]
-
-
Tests préférés des internautes
-
-
Sondage
Votre meilleure thérapie au quotidien est :
-
Sélection livres
-
Recevoir la newsletter
Chaque semaine, recevez les derniers articles
de Psychonet.fr dans votre boîte mail. -
Articles les plus consultés




