Reportage : Une soirée au club
La piste du second commence à s'animer tandis que le dîner s'achève. Gérard, 45 ans, se rend en moyenne deux fois par semaine au club. Il est un membre actif des fêtes, organisées parfois autour de thèmes. Après avoir participé à la nuit Halloween et à la soirée "rose bonbon", il prépare sa tenue russe pour la semaine prochaine. "S'inscrire est déjà un premier pas, mais après c'est pas du tout cuit". Aucune belle n'a conquis son coeur depuis son inscription mais il a réussi à rompre son isolement. Quatre mille personnes de Paris et de la région parisienne constituent une clientèle triée sur le volet. "Nous nous arrangeons pour conserver un équilibre entre hommes et femmes et entre classes d'âge. Les adhérents doivent signer une attestation sur l'honneur qu'ils sont célibataires, veufs ou divorcés", explique Patrick Breux, le maître de lieux. Rien à voir avec un club de rencontres même si la plupart des participants ne sont pas là par hasard. Les adhérents cherchent d'abord à fuir la solitude en partageant des loisirs avec d'autres "solos". "C'est rare de trouver un endroit où l'on se sent comme chez soi avec des gens qui sont dans la même situation", confie Christophe. La trentaine joviale, il se présente comme un des "cadets" et connaît bien le club. "Je fréquente cet endroit depuis cinq ans et demi, et comme je dis toujours, c'est un outil de communication , il faut savoir l'utiliser. Je suis très sélectif et ce qui est bien ici c'est qu'il y a mille nouveaux membres chaque année donc il y a un panel renouvelé. En un an, je rencontre autant de personnes qu'en dix ans de boîte de nuit".
Mais point de rencontre durable, "rien de bien constructif, mais j'ai le temps". A défaut de rencontrer l'âme soeur, des amitiés se nouent. Angélique et Christine, 32 ans, se sont inscrites cet été et se sont rapidement trouvé des points communs. Rupture douloureuse, envie de nouveauté et joie de vivre les rassemble. Elles font partie des déçus du club, sentiment largement partagé d'après Angélique.
"D'abord on est emballé puis il y a une phase de doute avant le rejet". Principaux reproches: le kitsch de la déco, l'exiguïté des salles et ce qu'elles appellent "la tranche des 20 %" ou les "cas pathologiques". Au club comme ailleurs, on trouve toute sorte de célibataires. Certains viennent pour "draguer" et attendent des aventures, d'autres espèrent rencontrer la femme ou l'homme de leur vie.
La plupart se contente d'y trouver des amis. Et l'amitié mène souvent vers des rencontres. Christine ne fonde plus ses espoirs sur le club mais c'est grâce à un des membres qu'elle a rencontré son amoureux du moment.
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