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"Il est raisonnable d'être déraisonnable en thérapie"

Et si pour faire rentrer ses problèmes dans l'ordre, on vous disait que le meilleur moyen était d'être déraisonnable ! Bertrand Robin propose une thérapie des plus originales pour se faire du bien. Il nous invite à connaitre les ressorts de l'échec, une méthode efficace, qui demande une bonne dose d'humour… Décryptage
Dans une société où le souci de la performance est très présent, comment vous est venue l'idée de ce livre ?

Bertrand Robin : On vit dans un monde où l'on cherche par tous les moyens à aller mieux, à se faire du bien. Il existe plus de 400 méthodes de psychothérapies dont aucune n’est une panacée sinon cela se saurait. Finalement l'offre thérapeutique est si riche, qu'elle en devient opaque et que seuls les spécialistes peuvent s'y retrouver… et encore. Qu'est-ce qui n'avait pas encore été exploré pour aller bien ? J'ai trouvé amusant de chercher à aller mal, pour aller bien. D’autant que ça marche ! Dans Réussir à tout rater, mon propos est d'amener les lecteurs à contrôler leur problème car un problème sous contrôle, c’est le début de la fin du problème.

Apprendre les ressorts de l'échec pour se faire du bien ? N'est-ce pas un peu paradoxal ?

B. R. :
Prenons un exemple concret comme l'insomnie. Quand nous cherchons à vouloir dormir, on emploie une solution qui nous demande une concentration telle qu'elle nous maintient éveillé, une solution qui se révèle finalement pire que le mal. De la même manière, demander à notre ado de cesser de râler quand on exige qu’il range sa chambre le fera souvent protester davantage. Ce que ma méthode propose, c’est de comprendre comment naissent les problèmes et comment nous les entretenons sans le savoir ni le vouloir. Et ceci dans notre vie professionnelle, dans notre vie de couple ou pour l’éducation des enfants…

Inviter les personnes à rater plutôt qu'à réussir ?

B. R. :
Ce livre est une sorte de thérapie du bien portant ! Au quotidien, nous sommes régulièrement encombrés de difficultés (couple, carrière, enfants) qui, si elles sont entretenues par des pensées et des comportements inadaptés, peuvent faire naitre des problèmes. Ces problèmes ne mettent pas en péril notre santé psychique. Pourtant, ils nous maintiennent dans des schémas restrictifs et nous empêchent d'avancer. A partir du moment où l'on sait faire naitre un problème, on est libre de ne plus le faire apparaitre !

N'est-il pas pourtant absurde de vouloir faire naitre les problèmes plutôt que de les régler ?

B. R. :
Il est souvent raisonnable d'être déraisonnable en thérapie car les problèmes auxquels nous sommes confrontés ne sont pas logiques. En étant toujours plus sérieux à mesure que le problème s'aggrave, on ne peut plus sortir de cette mise en échec. Le paradoxe de mon livre est de chercher à identifier les conditions de l’échec pour mieux s'en affranchir dans un deuxième temps. Contre toute attente, chercher à savoir faire ce que nous passons notre vie à faire sans le savoir, cela nous libère. Il est bien plus facile d’arrêter une carrière de bourreau qu’une carrière de victime !

Votre traité de "ratologie" se fonde sur un grand recours à l'humour. Est-ce là votre recette d'une vie heureuse ?

B. R. :
Il serait présomptueux de proposer une recette miracle du bonheur. Pour autant, si l’on essaie d'établir quelques règles, la première chose est de contester les solutions que nous apportons à nos difficultés quand elles ne donnent pas le résultat attendu. Il est également important d'interroger ses pensées destructrices et de les confronter à l'épreuve des faits. Dans ce contexte, l'humour peut être salvateur car il nous permet de réinventer notre modèle du monde au lieu d'être prisonnier d'une vision réductrice de la réalité. Mon conseil serait donc de recourir souvent à l'humour car il possède de nombreuses vertus thérapeutiques et nous permet de prendre du recul vis à vis de nos difficultés. Et en particulier, pratiquez l’autodérision ! Savoir rire de soi transforme les menaces en des défis.

A Lire :
Bertrand Robin, Réussir à tout rater, Dunod

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De la gêne ! Vous n'oseriez pas parler si ouvertement à un étranger.
De l'envie à certains moments.
De l'admiration !

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